J’étais venue écouter, sans rien attendre. Je suis repartie avec un cahier plein de notes et le numéro de trois femmes qui font le même métier que moi. Le séminaire a duré deux jours ; ce qu’il a ouvert dure encore.
L’atelier sur la prise de parole m’a coûté deux samedis. Le mois suivant, j’ai présenté un projet devant le conseil de mon quartier — et je n’ai pas tremblé.
Ce que j’ai apprécié, c’est qu’on ne nous a pas parlé de haut. Les formatrices étaient des femmes d’ici, qui avaient traversé ce que nous traversons. On apprend mieux de quelqu’un qui vous ressemble.
Je vendais déjà, mais je ne savais pas où passait l’argent. On m’a montré comment tenir un carnet, séparer la caisse du ménage, fixer un prix qui tient. En six mois, j’ai pu embaucher ma nièce.
Mon projet dormait dans un cahier depuis quatre ans. L’accompagnement ne l’a pas financé — il m’a obligée à l’écrire proprement, et c’est ce document qui a convaincu la banque.
Arriver dans un nouveau pays avec un diplôme que personne ne reconnaît, c’est recommencer à zéro. Les femmes de l’antenne m’ont aidée à faire équivaloir mes acquis et à retrouver un emploi dans mon domaine.
On parlait enfin de choses dont ma mère ne m’avait jamais parlé. Sans gêne, entre femmes. Je suis rentrée chez moi et j’ai eu la même conversation avec ma fille.
La session sur la santé maternelle m’a fait prendre un rendez-vous que je repoussais depuis un an. Le médecin m’a dit que j’avais bien fait de ne pas attendre davantage.
Ce que j’ai reçu ici, c’est l’autorisation de dire que je n’allais pas bien. Personne ne m’a jugée. On m’a écoutée, puis on m’a orientée vers quelqu’un dont c’est le métier.
J’ai rejoint l’antenne un mois après mon arrivée, sans connaître personne. Aujourd’hui je sers au département social — et ce sont ces femmes qui ont porté ma famille quand mon mari est tombé malade.
Nous étions quatre autour d’une table. Deux ans plus tard, nous remplissons une salle deux fois par an. Personne n’avait d’expérience associative : nous avons appris en faisant, et en appelant les autres antennes.
Ce qui me frappe, c’est la constance. Douze pays, des fuseaux horaires différents, et pourtant la même phrase revient partout : femme, tu es un remède. On finit par y croire pour soi-même.
Racontez-nous le vôtre
- Quelques lignes suffisent — nous ne réécrivons pas vos mots
- Rien n’est publié sans votre accord écrit
- Vous choisissez si votre nom paraît en entier, en initiales, ou pas du tout